Souffre et saigne, chien
À "l'Échoué"
Dans le centre des obscurs toi tu tourbillonnes
Tu trébuches sur ta propre douleur et tu tombes
Des esclaves et leurs chaînes qui se plient sous tes pieds
Se révoltent et t'enferment dans tes murs abîmés
Et ta tête tambourine au rythme de ton cœur
Tu t'écroules sous tes larmes, tu te noies dans ton sang
Et tu souffres à n'en plus pouvoir crier mon nom
Du haut d'un cheval pâle, la mort de l'âme regarde
Le petit chien errant courir dans ses ruelles
Apprécie sa souffrance, admire sa décadence
Souffre et saigne, chien.
Dans la haine se retrouvent les parchemins passés
Des souvenirs endiablés de nos nuits torrides
Quand tes crocs se plantaient pour semer leur venin
Le mal que tu laisses à des lambeaux que tu veux
Pour toi rien n'est mieux, non rien n'est mieux que la mort
Ton destin ton désir au fond des rêves échoués
Oui la haine survit à l'amour et tu joues mal
Ce ridicule rôle théâtral que tu t'imposes
Pour ne pas que ta conscience vienne et te dévore
En remords, en regrets, en sanglots, en douleur
Souffre et saigne, chien.
Et moi du haut de ce trône je me ris de voir
Le guerrier s'agenouiller devant la brebis
J'admire ce manque de courage que tu portes en toi
Ce mensonge que tu traînes comme un chien sans sa laisse
Et je me ris de te voir ainsi désarmé
Comme un animal effrayé qui ne peut pas
Qui ne veut pas admettre qu'il porte en lui les tords
Et qui se force à croire qu'il fut abandonné
Quand dans une nuit sans étoile, il s'en est allé
Et mes valets s'accordent à chanter avec moi
Souffre et saigne, chien.