Peut-être
Les jours sont des nuits les agneaux deviennent des loups
Les lampadaires se transforment en soleils malsains
Et quand au fond de ton lit tu accuses le coup
Peut-être te dis-tu que "vous" c'était le destin
Dans les verres tu suçotes des glaçons misérables
Et à la barre tu t'assois pour défendre ta cause
Mais finalement sous la douleur tu plaides coupable
D'avoir pu croire un seul instant à la vie rose
Les citrons ont un goût amer, un goût de vie
Et peut-être la mort ressemble à ton amour
Oui mon coeur il est mort lui qu'on crut infini
Bois ce vin mon ange c'est un sang au goût de jour
Quelques alcools définis par un esprit
Les fantômes de ce que tu cru être éternel
Mais ce que tu croyais être un sens à ta vie
S'en est devenu être une douleur mortelle
Dans les regards que tu perds au fond d'une bouteille
Y'a quelques grammes qui se perdent et qui te dérangent
Tu as peut-être pu déployer tes grandes ailes
Et t'envoler au loin comme l'aurait fait un ange
Mais jamais, de mon coeur, non tu n'es parti
Comme si les souvenirs d'un passé perduraient
Et lorsque de la force tu devins l'affaibli
Moi mon âme pour toi était prête à s'envoler
Dans tes doutes qui se déposaient sur le comptoir
Y'avait la flamme dans mes yeux qui brûlait pour toi
Tu laissais s'échouer tes pauvres idées noires
Sur le bois triste d'un bar tu vidais ta vodka
Dans l'orgasme de tes sanglots tu mangeais ton coeur
Déglacé au gin toi tu avalais ton rhum
Comme pour pouvoir oublier peut-être ton malheur
Celui que tu portes au fond, celui d'être un Homme
Quand tu chéris à crier au fond d'un verre
Qu'il revienne qu'il revienne et qu'il ne parte plus
Celui qui de son souffle chaud rempli ton air
Tes yeux se perdent dans le vague des mers inconnues
Et les âmes qui se déchirent de ne plus t'avoir
Souffrent et saignent que tu sois là comme un souvenir
Qui reste là, douleur scotché à leurs mémoires
Elles se morfondent et ne croient plus en l'avenir...
Mais peut-être existe-il
Encore il y a cette île
Qu'un jour nous, nous façonnions
Qu'un jour nous, nous oublierons...