Frisson (de mort)
Frisson.
Inaudible, le silence crie
Je me suis tué à vivre
Pour enfin pouvoir mourir
Mes yeux sont comme un hiver
Quand le froid rejoint la chair
Seule chaleur : ma solitude
Le temps agonise doucement
Au creux de mes mains meurtries
Et les histoires trouvent une fin
À ces débuts de brouillard
L'aube est rouge la nuit est noire
Des fantômes effleurent mon cœur
Et les âmes lacérées pleurent
J'ai tellement rêvé d'une vie
Qu'elle n'en est qu'un cauchemar
Dont j'aimerais me réveiller
Avant de m'en effondrer
Mais j'ai perdu mon navire
Sur un océan pervers
Où nageaient mes sentiments
Les étoiles ne me disent rien
Que quelques mensonges vicieux
Mes hallucinations sont roides
Comme de vieilles statues de marbre
Et mon révolver est vide
Je ne vois plus l'horizon
Tout ne m'est plus qu'inconnu
Et je me laisse disparaître
Au fond des ténèbres froides
Enveloppé de leur mort
Je ferme doucement les yeux
Adieu.