Automne en Perdition
Ami dis-moi
Est-ce que tu sais toi
Quelle est cette folle sensation
Cet automne en perdition
Qui d'été n'est plus qu'hiver
Qui de jour n'est plus que nuit
Qui s'enrhume au gré d'un vent
De poussières noires balayées
Peignant sur une fresque antique
Ces vieilles images d'autrefois
Qui de futur sont passées
De demain ne sont qu'hier
Qui de tout ne sont plus rien ?
Quand à soi on n'a plus de voix
Pour crier nos douleurs
Quand à l'autre on a bien trop froid
Pour offrir cette chaleur
Ami dis-moi
Est-ce que tu vois toi
Cet orage à l'horizon
Ces gestes qu'on fait sans raison
Pour trouver route ou même ville
Sans aucun nom ni chemin
Une capitale à l'amour
D'où l'on chantera toujours
Les plus beaux de tous les hymnes
Sur de doux tissus de soie
Où sont donc ces belles terres
Où les cœurs sont si fertiles
Quand ici n'est plus qu'ailleurs ?
Quand à soi on n'a plus de vue
Pour trouver ce mirage
Quand à l'autre on a tout perdu
Pour offrir un voyage
Ami regarde-moi
Est-ce que tu vois toi
Dans mon coeur tous ces oiseaux
Qui s'envolent sans même un mot
À murmurer doucement
Dans le silence religieux
D'un écho de cathédrale
D'où l'on prie devant l'autel
Qu'aujourd'hui et à jamais
Pour le meilleur et le pire
Les mains se lient devant Dieu
Les coeurs en croix dans la foi
Qui de vérité nous ment ?
Quand à soi on n'a plus de coeur
Pour trouver une place
Quand à l'autre on a que la peur
Qu'à nouveau on nous chasse
Quand à tout seul on n'a plus rien
Pour abriter chagrin
Quand à l'autre on n'a que nos mains
À lier pour demain
Quand à jamais on a plus d'âme
Pour danser ces merveilles
Que de la mer on voit les flammes
Qui brûlent ce triste ciel…