8 juin (et des poussières)
Dans le miroir brisé
D'un drame humain perdu
Reflète l'amour blessé
Des jours qui ne sont plus
Quelques éclats de pierre
Coupants comme des rasoirs
Sur chemins solitaires
Et pénombre du soir
Des échos qui sonnent faux
Une voix qu'on veut surprendre
Quand dans le fond de l'eau
Des murènes volent en cendres
J'ai dormi trop longtemps
Sur les braises de nos cœurs
Hiberné plus d'un an
Sans avouer mon malheur
Mais aujourd'hui je crie
Comme s'il n'y avait rien
Les secondes infinies
Et un peu mon chagrin
C'est les souffrances amères
Qui vous prennent et vous tuent
D'en dedans de la chair
Coupée à vif et nue
Mes scarifications
Qui dessinent ton visage
N'ont plus d'admiration
Pour rien que les nuages
Des oiseaux qui s'envolent
Quand moi je perds le nord
Que même votre boussole
Vous indique à la mort
Dans la mare aux connards
Se prendre à perdre pieds
Noyé dans un regard
Qui nous a écorché
Si la vie nous détruit
Je m'envole vers le ciel
Oui tu sais je m'enfuis
Dans un battement d'ailes
Et je saigne à jamais
Je saignerai demain
Comme j'ai toujours saigné
Saigné jusqu'à la fin
Et je saigne pour Toi
Comme j'ai toujours saigné
Saigner le long du bras
Et pour l'éternité